Photo témoignage

Ce témoignage est extrait du numéro 255 d’Animation&Education de l’OCCE. Retrouvez l’intégralité de la revue pédagogique ici

Fabien Audy, professeur de SVT dans un collège à Créteil, a accepté de participer, pendant l’année scolaire 2016-2017, à l’expérimentation du projet lancé par L’ESPER : Mon Entreprise Sociale et Solidaire à l’Ecole(1). Problématique choisie : « Comment améliorer son cadre de vie durablement par le végétal ? ». Explications.

« Je rejoins Florence Robine, Directrice de la DGESCO, quand elle dit qu’il faut « faire faire » aux élèves, qu’ils doivent être plus autonomes, que l’on doit les laisser prendre des initiatives et les responsabiliser davantage, affirme(2) Fabien Audy, professeur de SVT en collège, et formateur académique en éducation prioritaire en Seine-Saint-Denis. C’est pourquoi j’ai accepté de participer à l’expérimentation du projet mon Entreprise Sociale et Solidaire à l’Ecole afin de permettre aux élèves de collaborer, coopérer, prendre eux-mêmes leurs propres décisions et leur laisser la possibilité d’initier de nouvelles actions ». Ce projet est mené dans un cadre contraint, celui d’un enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) qui réunit trois disciplines : le Français, les Sciences et Vie de la Terre et les Arts plastiques.

Le thème de cet EPI, le développement durable et la problématique proposée aux élèves : Comment améliorer son cadre de vie durablement par le végétal ? « Nous sommes partis des programmes de SVT, d’où le titre de l’EPI. Des notions seront abordées : sur les végétaux, les relations de parenté entre les êtres vivants, les enjeux de l’exploitation de certaines ressources… Ces activités devraient permettre aux élèves de prendre conscience des enjeux sociétaux, des impacts des politiques publiques et des comportements individuels et collectifs sur le monde végétal ». Dans ce cadre disciplinaire sera mise en place, par les élèves, une démarche de projet. Ils feront émerger des besoins dans leur propre collège, besoins d’utilité sociale ou tout au moins collective et délibèreront pour choisir un projet à conduire. « Nous étions partis, entre collègues, sur l’idée d’un mur végétalisé, confie Fabien, mais ce ne sera peut-être pas le choix des élèves ». Une fois ce projet arrêté, les élèves vont établir un budget, définir les moyens humains, matériels, financiers, présenter le projet à différents partenaires pour obtenir des subventions, élaborer des outils de communication et définir les responsabilités et fonctions de chacun pour la réalisation concrète du projet. Cette démarche s’inscrit dans une pédagogie active qui implique les élèves de A à Z. L’objectif est de valoriser tous les élèves. Ce projet doit permettre à chacun de trouver sa place au sein du groupe en fonction de ses compétences et de ses préférences. Il s’agit également de transmettre les valeurs de la République et de sensibiliser à l’Economie Sociale et Solidaire.

Les professeur.e.s engagent une dynamique de classe qui encourage les élèves à coopérer, s’entraider et agir solidairement dans un projet collectif. « C’est un peu nouveau pour nous de laisser de plus en plus de place aux élèves dans la création et l’autonomie, conclut Fabien Audy. A l’école primaire, les enseignants le font davantage mais quand ils arrivent au collège, les élèves redeviennent « petits ». Nous avons donc, mes collègues et moi, un mot d’ordre pour cette action qui est que les élèves acquièrent des connaissances et, au-delà de cela, des savoir-faire et des savoir-être et développent la coopération, un véritable esprit d’initiative et d’engagement à la fois pour un bien-être individuel et pour un bien-être collectif ».

Sophie Maissin

 

1. Il s’agit d’expérimenter en classe la création d’une entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire par des élèves sous la forme d’une association, d’une coopérative ou d’une mutuelle.
L’ESPER, l’économie sociale partenaire de l’Ecole de la
République, a élaboré un livret pédagogique consultable
sur www.monessalecole.fr
2. Lors de la table-ronde organisée par L’ESPER, en avril 2016, sur « Peut-on vivre ensemble sans faire ensemble » animée par Juliette Perchepied, Déléguée nationale de L’ESPER et réunissant Sandrine Rospabe, économiste, Fabien Audy, professeur de Sciences et Vie de la Terre, à Créteil, et Florian Bares, concepteur et animateur de la Junior Coop de la CRESS Limousin.