Les portraits du jeudi, par Monique Royer – S’entraider c’est apprendre –21 mars 2019

« Pour enseigner en collectif et apprendre en mode coopératif, cinq professeures du collège Saint-Exupéry à Ambérieu-en-Bugey dans l’Ain, sont allées voir du côté des accorderies et de l’économie sociale et solidaire. Elles nous racontent un projet dont l’entraide est la clé de voûte.

Elles sont cinq à mener ce projet, âgées de 35 à 55 ans, enseignant dans des matières différentes. Véronique Bonjour enseigne depuis trente-quatre ans le français. Elle aime mener des projets artistiques et culturels car, dit-elle, « la notion de projet me tient à cœur ». Isabelle Balandrat est professeure de sciences-physiques, « très engagée dans le développement durable, une véritable militante », qui met en œuvre un club développement durable hors temps de cours, invite un réalisateur et des enfants du Ladakh (Inde) pour rencontrer ses élèves de 6e et 5e. Jeanne Archambault de Beaune enseigne l’anglais en veillant à distiller de l’innovation dans les pratiques. Katia Lepelletier, enseignante en mathématiques, est arrivée il y a deux ans au collège, amenant avec elle une approche par compétences et des usages développés du numérique. Sandra Piac complète le quintet. Professeure de technologie, elle possède l’expérience d’initiatives avec des entreprises.

Le projet est né de coïncidences. Les trois premières protagonistes s’inscrivent à une formation dont le thème leur semble lié au développement durable. Il s’agit en fait d’un stage sur l’économie sociale et solidaire. Les propos tenus font écho à une visite avec des élèves à l’accorderie d’Ambérieu-en-Bugey qui organise des trocs de compétences. Les collégiens s’étaient montrés très intéressés, déçus de ne pouvoir participer à l’initiative du fait qu’ils étaient mineurs. Les enseignantes décident d’explorer ce système d’échange de temps dans un cadre coopératif. Elles songent à « une entraide entre élèves pour progresser » dans leur collège, où beaucoup d’enfants issus de milieux défavorisés ont besoin de soutien scolaire. […]

Parallèlement, l’entreprise sociale et solidaire voit le jour avec un nom « Pap’aid Compagnie » et un logo, créés par la classe. Pour les différents services tels que le marketing, le secrétariat, la gestion ou la production, les postes ont été attribués après acte de candidature. Pendant le conseil d’administration, où chaque coopérateur possède une voix, l’expérience de la démocratie s’acquiert. « Lors d’une décision concernant l’utilisation d’une subvention, les enseignants ont été mis en minorité. » L’apprentissage de la vie collective se fait progressivement. Rétifs a priori à la création d’une charte de fonctionnement pour les temps d’entraide, les élèves se sont résolus à en créer une pour faire face aux excès de bruits qui rendaient le climat insuffisamment serein pour un travail propice. « Ils se rendent compte petit à petit de la nécessité du cadre. »« 

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